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- La lettre de Terre Burkina
- Paludisme et Artémisia
- Parole d'élève
- Noël au Faso
- Devenez ambassadeur Terre Burkina
- Une rencontre


Prochain numéro le 15 mars 2019
En attendant, retrouvez-nous sur notre Blog et Facebook.

Terre Burkina vous souhaite à toutes et à tous une très belle fin d'année !

En cette fin d'année, nous voulons vous afficher notre fierté, ce seront bientôt 100 enfants qui bénéficieront d'un parrainage personnalisé auprès de Terre Burkina.
Nous avons encore une fois renforcé cette personnalisation et pouvons désormais décrire nos parrainages comme étant constitués d'une part d'un socle commun composé de la prise en charge des frais d'inscription, de la remise de fournitures scolaires, de vêtements, d'une mutuelle de santé interne à Terre Burkina, d'une trousse "hygiène", et d'autre part, d'une personnalisation élève par élève : les besoins sont recensés chaque mois et nous y subvenons le mois suivant. C'est un travail et une gestion complexes mais nous y tenons car c'est le levier essentiel pour un parrainage adapté et performant. Nos équipes sur place gèrent le tout avec brio et force est de constater que cela marche : cette année encore les résultats scolaires des élèves concernés ont une nouvelle fois bien progressés.

Nous "sortons" d'une période un peu difficile, le père d'un de nos responsables locaux a perdu la vie tragiquement dans un accident de la route. Bien évidemment cela nous a collectivement ébranlé et, durant ce gros mois, nous avons été moins présents auprès de nos parrains-marraines en terme de nouvelles. Nous nous en excusons.
Par ailleurs, il est important de préciser que les tournées mensuelles se sont déroulées comme habituellement et que, bien évidemment, cela n'a pas impacté les parrainages.

L'Arbre à Palabre est désormais encore plus participatif ! Dans ce numéro vous trouverez les propos ou articles de cinq personnes différentes, sans filtre.
Nous traiterons tout d'abord du paludisme et notamment d'une plante à découvrir d'urgence : l'Artémisia. Nous évoquerons ensuite la fête de Noël au Burkina Faso avant de laisser la parole à Romaric Yaméogo, étudiant à Koudougou. On lui a demandé de s'exprimer librement sur un thème de son choix, il a choisi : "études et concours : mon exemple". Pour finir et juste avant de découvrir notre interview avec Bintou, étudiante à Koudougou également, nous vous présenterons notre recherche actuelle d'ambassadeurs/ambassadrices pour nous représenter en France et même plus loin.

Une nouvelle fois, juste avant la grande folie de fin d'année, prenons le temps et asseyons nous ensemble sous notre bel arbre à palabre.
Belle lecture :-)

Anthony PATE

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Le paludisme.

Le paludisme est une maladie parasitaire transmise à l'homme par un moustique (l'anophèle). Lorsque le moustique pique l'homme, il lui transmet le parasite (plasmodium) et une crise de paludisme peut alors se déclencher dès huit jours après cette infection.
Lors de la piqûre, le parasite injecté dans le sang gagne le foie et se multiplie très rapidement jusqu’à l'éclatement des cellules du foie. Les parasites ainsi libérés en grand nombre dans le sang gagnent les globules rouges dans lesquels ils poursuivent leur multiplication. En éclatant à leurs tours, ces globules relâchent à nouveau les parasites qui continueront à infecter et à se multiplier dans d'autres globules rouges. C'est lors d'une nouvelle piqûre sur un individu déjà impaludé que le moustique aspire ces globules rouges, continuant le cycle et propageant ainsi la maladie.
Les signes cliniques sont nombreux et variables : la maladie débute par une fièvre (dès le huitième jour après la piqûre), qui peut s’accompagner - ou non - de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux... Des cycles alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense peuvent alors survenir.
Il existe quatre grands types de paludisme, la forme présente au Burkina est celle la plus mortelle (plasmodium falciparum).

A l'heure actuelle, aucun vaccin n'est disponible et aucun moyen préventif n’assure à lui seul une protection totale. 

Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme. En 2015, on a enregistré environ 212 millions de cas et quelques 429 000 décès dus à cette maladie. Une meilleure prévention et un renforcement des mesures de lutte ont permis de faire baisser les taux de mortalité par paludisme de plus de 29% à l’échelle mondiale depuis l’an 2010. (www.who.int)
L’Afrique subsaharienne représente toujours une part disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2015, cette région enregistrait 90% des cas et 92% des décès dus à cette maladie. (www.who.int)
Il est difficile d'obtenir des chiffres fiables à l'échelle mondiale et le Burkina n'y échappe pas. Attribuer la maladie à un décès est chose complexe notamment, et entre autres facteurs, en raison de la pluralité des symptômes cliniques. Selon le PNLP (Programme National de Lutte contre le Paludisme au Burkina), au cours de l’année 2016 environ 9,8 millions de cas de paludisme ont été enregistrés avec 4 000 décès dont 3 000 chez les enfants de moins de 5 ans.

Dans les familles, la prévention aussi simple à comprendre que complexe à mettre en oeuvre : se couvrir le plus possible notamment en haute saison, dormir sous moustiquaire, bannir l'eau stagnante près des habitations (les moustiques s'y reproduisent), favoriser ou limiter l'expansion de certaines plantes... Autant de points à la fois simples à comprendre (le gouvernement burkinabè et les acteurs associatifs locaux sensibilisent très régulièrement sur ces points) mais également difficiles et très contraignants à mettre en oeuvre au quotidien.


Encore une fois, aucun traitement n'est réellement efficace et fiable à cent pour-cents, certains permettent d’atténuer les symptômes et de limiter la multiplication des parasites.

Parmi les traitements "connus" : l'artémisia. C'est une plante dont les feuilles peuvent être consommées en tisane. Les guillemets autour de "connus" visent à préciser que si cette plante est souvent connue par les herboristes ou tradipraticiens locaux, nul ne pouvait se douter des résultats incroyables qu'on découvre actuellement. Les études des dernières années sont en effet extrêmement positives : l'Artemisia est une véritable bombe dans l'univers du paludisme. Ces études démontrent son extrême efficacité dans la prévention et dans le traitement de celui-ci. Plus de 98% de taux de guérison dans certains cas (rarement sous les 90% de manière générale) (Phytomedicine, Volume 57, April 2019, Pages 49-56).
Son inconvénient majeur : elle est difficilement brevetable donc attire peu de financement.
Son avantage infini : elle n'est pas brevetable ! Avec quelques formations, elle peut pousser facilement et avec quelques précautions, elle gardera toute son efficacité médicinale, les populations des pays concernés et notamment le Burkina Faso peuvent ainsi redevenir maîtres de leurs soins, loin des laboratoires pharmaceutiques et des difficultés qui y sont liées.

Ami.e.s, associations, partenaires, tous ensemble et en lien avec les pouvoirs publics locaux soyons acteurs de ces recherches à l'échelle locale.
N'hésitez pas à nous contacter pour nous soutenir sur ce thème ou pour plus de renseignements -> formulaire contact
A vos tisanes !

Anthony

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"Etudes et concours au Burkina Faso : mon exemple" par Romaric Yaméogo.

Ayant obtenu une maîtrise en Economie et Sciences de Gestion à l'Université de Koudougou en 2014 et après deux échecs aux concours directs de la fonction publique, j'avais par la suite décidé de partir à Ouagadougou, la capitale de mon pays, pour tenter ma chance dans le privé vu que 95% des entreprises privées y sont basées. Quarante-cinq jours après les résultats des concours de 2016, j’ai reçu la proposition d'un parent qui était sur le point de créer son entreprise à Ouagadougou. L'idée était la bienvenue puisque mon intention était déjà de me rendre sur place. Par la suite, j'ai pu faire le déplacement pour Ouaga mais la malchance était au rendez-vous, j’ai fait toute l'année sans que l'entreprise ne soit créée. Après cinq mois sans assurance que cette entreprise allait prendre forme, je m'étais remis sur la préparation des concours directs : un échec de plus dans ces filières très courues… et me voici dans d'énormes difficultés financières. Je suis alors retourné dans la ville d’où je venais : Koudougou pour me remettre une fois de plus… à la préparation d'un nouveau concours en espérant qu'un jour la chance me sourirait.
 Pour le moment j'ai trouvé un job et je gagne ma vie en travaillant comme agent d'exploitation à la SOTRACO de Koudougou (NDLR : Société de transports de la ville). J'espère toujours obtenir un concours.
 Voici mon histoire, c'est celle d’énormément d'étudiants dans mon pays.

Romaric Yaméogo

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Noël, ou quand la tolérance passe par la cuisine

La fin d’année approche, et au Burkina Faso aussi la période rime avec festivités. Comme en France, les enfants auront le droit à quelques jours de vacances avant de rattaquer l’école en 2019. L’occasion pour les chrétiens de célébrer la Nativité avec leurs voisins, peu importe leur confession. Car, si le Burkina Faso est un pays majoritairement musulman, le dernier recensement en 2006 note 60,5% de Musulmans pour 19% de Catholiques, 4,2% de Protestants, 15,3% d’Animistes et 1% sans religion, le pays est connu pour sa tolérance religieuse, et Noël est un des meilleurs exemples de cette entente. 

Dans les villages, les enfants de familles chrétiennes s’amusent à fabriquer des crèches en terre pendant que les femmes cuisinent toute la nuit de Noël avant de laisser les plus jeunes, dès le matin du 25 décembre, distribuer les plats garnis aux familles voisines, qu’elles soient musulmanes, animistes, catholiques ou protestantes. Des rôles qui s’inverseront quelques mois plus tard, quand les familles chrétiennes recevront à leur tour des repas copieux de la part de leurs voisins musulmans pour célébrer notamment le Ramadan. 

Ce rituel croisé est une pratique bien ancrée au Burkina Faso, et même si la pression économique que subissent certaines familles fragilise la tradition, les Burkinabè mettent un point d’honneur à cultiver cette dimension inter-cultuelle, qui permet d’inculquer aux plus jeunes des valeurs communautaires et une tolérance religieuse.

Anne-Sophie

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Devenez ambassadeurs Terre Burkina !

Depuis la rentrée dernière, nous recherchons des ambassadeurs/ambassadrices pour nous représenter partout en France.
L'ambassadeur est chargé d'animer sa zone géographique et numérique en faisant la promotion de l'association et de ses actions au plus grand nombre et dans le but de trouver de nouveaux parrains-marraines. Pour ce faire et en concertation avec le bureau, il peut être à l’initiative d'événements divers, de manifestations, de soirées, réunions publiques, tenues de stands, d'animation de réseaux sociaux... tout ce qui est imaginable.

Comme chaque acteur de Terre Burkina, l'ambassadeur est bénévole, il s'investit sans engagement, à son rythme et quand bon lui semble !

Nous souhaitons satisfaire le plus de demandes de parrainages possibles, ainsi, vous l’aurez compris, la contribution en tant qu’ambassadeur permettra à des enfants d’accéder à l’école dans de bonnes conditions et à des familles de retrouver un peu de sérénité. 

Si vous êtes intéressés, rien de plus simple, contactez-nous sur le formulaire contact de notre site. 
Plus d'infos -> Devenir ambassadeur / ambassadrice

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Une rencontre

Terre Burkina :
 Bonjour Bintou. Vous êtes étudiante et récemment lauréate d'un concours de la fonction publique. Quelles sont les difficultés pour étudier à Koudougou ?
Bintou : Bonjour. En premier, nous avons l'augmentation exagéré du prix des logements dans les secteurs 8 et 9 de Koudougou, secteurs où se situe justement l'université de la ville. Ensuite, nous avons le problème d'accès à internet, de laboratoires et de bibliothèques adéquates pour les recherches. Le manque de personnel éducatif dans certaines filières constitue aussi un problème majeur. Entre autres.

Terre Burkina : Quelles sont les conditions de vie d’un étudiant à Koudougou ?
Bintou : C'est variable mais la majeure partie des étudiants de Koudougou sont dans des conditions précaires. Pour se nourrir, certains sont obligés de « tirer les cours » (NDLR : quitter certains cours) pour aller au restaurant universitaire qui leur offre des repas préparés « à la va t'asseoir » (NDLR : mal-préparés) et en quantité insuffisante. Il y avait aussi le problème des déplacements qui se posait mais avec l'arrivée du bus, cela s’est amélioré.

Terre Burkina : Y’a-t-il des logements étudiants ?
Bintou : L’université de Koudougou dispose d'un nombre restreint de cités universitaires avec des logements en quantité insuffisante à l'intérieur. C'est une grande difficulté pour les étudiants non-résidents dans la ville. Car en plus de ce faible nombre de cités, nous avons une mauvaise gestion dans l'attribution des chambres. Certains résidents de Koudougou en bénéficient au détriment des extérieurs. Au final, beaucoup sont obligés d'aller louer des maisons très onéreuses dans la ville.

Terre Burkina : Comment fonctionnent les bourses d’études ?
Bintou : L'état burkinabé offre chaque année des bourses d'études aux nouveaux bacheliers en fonction de leur moyenne (minimum demandé qui est de 12 sur 20) et du nombre de bourses disponibles à l'échelle nationale.

Terre Burkina : Pourquoi les étudiants aiment tant passer les concours ?
Bintou : Les étudiants se focalisent beaucoup sur les concours directs de la fonction publique car il n’y a pas de débouché certain à la fin de leurs études. De plus l'entreprenariat n'est pas vraiment encouragé comme le prétend le gouvernement burkinabé. Pour ma part, j'ai participé en décembre 2016 à des formations entrepreneuriales organisées par la Maison de l'Entreprise. Après la formation, ils devaient sélectionner des jeunes pour financer leurs projets mais au final, la maison de l'entreprise a demandé une garantie financière pour financer le projet de chacun. À la fin donc, aucun n’a obtenu de financement puisque personne, bien entendu, n’a de garantie financière à déposer sur la table.

Seuls les concours de la fonction publique restent donc envisageables pour les étudiants.

Terre Burkina : Vous avez obtenu un concours, c’est un poste assuré ? Il y aura une formation ?
Bintou : Oui, ils assurent un emploi après une formation continue de deux années.

Terre Burkina : Si vous aviez une baguette magique, que changeriez vous au Burkina Faso ?
Bintou : Si j'avais une baguette magique… Je mettrais fin à la corruption une bonne fois pour toute ! Car je pense que c'est le principal problème du pays. Je placerais des hommes vraiment engagés dans l'avancée du Burkina Faso à la tête de l'état afin d'avoir un avenir meilleur.